1ère rencontre de la recherche en soins – 22 janvier 2015

•13 janvier 2015 • Laisser un commentaire

 GRSI

Le centre hospitalier de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or s’est positionné depuis plusieurs années dans l’accompagnement puis la promotion de la recherche en soins. Cette dynamique nouvelle dans notre champ disciplinaire s’est appuyée sur la coproduction en 2012 par le GRSI (Groupe de recherche en soins infirmiers) de son rapport de recherche sur « l’impact de l’informel dan s le travail infirmier en psychiatrie ».

La reconnaissance de cette démarche au niveau du Centre Hospitalier s’est traduite par la mise à disposition de locaux dédiés en mars 2014. Cette base pérenne stabilise les opérations de communication autant que les activités du groupe. Elle offre un lieu d’accueil propice à la diffusion d’une culture, d’une dynamique et d’une politique de recherche en soins ainsi qu’à la mise en place d’un lieu de rencontre et d’échange.

D’ores et déjà, cette dynamique se retrouve à plusieurs niveaux :
– A un niveau local avec la mise en place d’un groupe en formation aux méthodologies de recherche et dont les participants seront demain ses nouveaux ambassadeurs ;
– A un niveau régional avec la mise en place en 2015 d’un Centre ressource des métiers de la psychiatrie dont un de ses volets assurera la promotion de la recherche en soins ;
– A un niveau international francophone avec la participation de partenaires belges et de représentants suisses.

Retrouvez plus d’information sur la 1ère rencontre de la recherche en soins :
Programme_22_janvier_2015
Affiche_GRSI

 

Le jeu du fort – da revisité

•22 novembre 2014 • Laisser un commentaire

Bobine Propos introductif à la journée « Deux temps, trois mouvements » du 21/11/2014

Mon propos de ce jour pourrait correspondre à une forme de test susceptible de mesurer la flexibilité mentale et les capacités de décentration des sujets qui accepteraient de s’y soumettre.
Dans les fonctions exécutives, la flexibilité mentale renvoie à la capacité de changer de tâche ou de stratégie mentale et à passer d’une opération cognitive à une autre. Elle permet l’adaptation aux imprévus, la correction des erreurs, le passage d’une tâche à l’autre… La décentration correspond au fait de se placer dans la perspective d’autrui. Elle permet au sujet d’échapper à toute forme de subjectivité déformante, parce que « égocentrée », pour atteindre des formes variées d’objectivité dans le rapport au monde ou à autrui.
Dans ce test, aujourd’hui, c’est vous qui tiendrez le rôle de cobaye.
Pour cela, je vous propose tout d’abord de partir d’un écrit de Freud dans son recueil « Au-delà du principe de plaisir ». Freud est un médecin qui a exercé à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Initialement neurologue, il a fait divers travaux de recherche sur le système nerveux et l’anatomie du cerveau ; il a écrit des articles portant sur les paralysies et les aphasies ; par la suite, il a entrepris de soigner des hystériques, d’interpréter les rêves, il s’est intéressé aux lapsus, oublis et actes manqués, phénomènes qu’il a regroupés sous le terme de « Psychopathologie de la vie quotidienne ». De là est née à Vienne, en Autriche, une discipline qui a connu une formidable expansion dans le monde durant une grande partie du XXe siècle, la psychanalyse. Au cours des dernières décennies, malgré la concurrence de disciplines et de psychothérapies d’apparition plus récentes telles que les neurosciences ou les thérapies comportementales et cognitives, malgré de très vives critiques dont elle fait l’objet, la psychanalyse conserve encore de très fervents partisans.
L’article de Freud en question s’intitule : « Le jeu du fort da » et il a donné lieu à de nombreux commentaires de la part des psychanalystes. Il a été écrit après qu’il ait observé chez son petit-fils Ernest alors âgé d’un an et demi, un jeu répétitif qui consistait à jeter une bobine loin de lui et à la ramener ensuite vers lui grâce au fil qui y était rattaché. Ce jeu s’accompagnait d’une certaine jubilation et de vocalisations : « o-o » entendu comme « fort » lorsque le petit Ernest jetait la bobine et « da » lorsqu’il la ramenait à lui en tirant sur le fil. Ces vocalisations ont pu être traduites par « là-bas » et « là ».
Freud interprète ce jeu de la façon suivante : il suppose que pour l’enfant, le fait de jeter la bobine loin, puis de la ramener à lui, correspond à une transposition de l’alternance absence / présence de sa mère auprès de lui. Ce jeu pourrait s’apparenter à une forme de conjuration par rapport à l’angoisse que peut susciter chez lui l’absence de la mère. Ce que dans la réalité, l’enfant subit passivement avec déplaisir, dans le jeu, il le reproduirait mais en y prenant une part active et avec plaisir. Les vocalisations qui accompagnent l’activité de l’enfant sont pour les psychanalystes le témoin d’un processus de symbolisation, d’une intégration dans le psychisme de représentations de l’alternance absence / présence de la mère par l’opposition des deux signifiants fort / da.
Maintenant, je vous propose de laisser tranquille la mère, d’oublier ses va-et-vient auprès de son enfant et les angoisses de séparation qui peuvent en découler en vous intéressant à l’aspect purement moteur de l’activité de ce dernier.
Ne peut-on voir simplement dans la répétition du mouvement de l’enfant un exercice qui viserait à améliorer ses performances motrices, à l’instar d’un sportif qui s’entraîne ou d’un musicien qui travaille ses gammes ? Et l’on sait à quel point, aussi bien pour le sportif que pour le musicien, il est nécessaire de répéter et répéter encore un geste pour parvenir à parfaitement le maîtriser.
Outre l’habileté motrice que l’enfant pourrait ainsi acquérir par cet exercice, cela lui permettrait une plus grande maîtrise de l’espace qui l’entoure avec en particulier la différenciation entre un espace proche, qui lui est directement accessible simplement en tendant le bras et un espace éloigné qui lui ne l’est pas.
L’artifice de la ficelle lui permet d’avoir une action sur un objet situé dans l’espace éloigné, sans avoir à se déplacer et sans le concours d’un tiers, comme cela est très fréquemment le cas dans ce type de jeu où l’enfant jette un objet afin que l’adulte le ramasse et le lui redonne, une activité dont l’adulte se lasse habituellement avant l’enfant.
Dans cette nouvelle perspective, la jubilation de l’enfant peut se rapporter à la maîtrise qu’il acquiert ainsi sur les objets, sur l’espace et au gain d’autonomie qui en résulte par rapport à l’adulte.
Il est également remarquable qu’au geste se joint la parole, laquelle vient précisément marquer cette différence dans l’espace environnant entre ce qui est proche et ce qui est loin. D’autres oppositions lui permettront plus tard de mieux se repérer dans l’espace : devant / derrière, dessus / dessous, droite / gauche…
Cette association du geste et de la parole peut ouvrir sur de très nombreux questionnements : on peut se rappeler par exemple que les aires motrices et les aires du langage sont très proches au niveau du cortex frontal et que cette proximité neuroanatomique joue peut-être un rôle… On peut se rappeler également que certaines techniques de rééducation orthophonique et certaines méthodes pédagogiques pour les jeunes enfants ou les enfants intellectuellement déficients utilisent avec succès le geste pour faciliter le développement du langage…
Je laisse ouvertes toutes ces questions et bien d’autres, en imaginant que les intervenants dans cette journée « Deux temps, trois mouvements » pourront apporter des éléments de réponse…
et en espérant également ne pas vous avoir soumis à une trop rude épreuve par les contorsions intellectuelles que je vous ai imposées.

Nouvelles publications

•7 novembre 2014 • Laisser un commentaire

Nouvelles parutions d’ouvrages,
dont les auteures sont membres du personnel
du centre hospitalier de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (69)

Appelez-moi plumeMarie Le Bars, praticien hospitalier
« Appelez-moi plume : les petits et grands mots autour de l’anorexie »
Editions Fabert – 2014 –
« Appelez-moi Plume raconte le vécu d’un soin de l’anorexie. Ecrit sous la forme d’un abécédaire, vous n’y trouverez pas les vingt-six lettres de l’alphabet mais vingt-six regards différents portés sur la maladie. Regards différents mais qui se complètent. Lettre par lettre se dévoile l’histoire de Lucia, jeune fille de dix-huit ans. Le plus souvent c’est elle la narratrice. Cependant son entourage proche prend tour à tour la parole, et c’est ainsi que père, mère, frère, amie et thérapeute s’expriment sur leurs peurs, leurs incompréhensions et leurs espoirs. La route vers la guérison est longue et difficile mais cherchez bien à travers ces mots la présence de la lumière au bout du tunnel. » [Résumé d’éditeur]

La memoireClaudia Infurchia, psychologue
Préface : René Roussillon
« La mémoire entre neurosciences et psychanalyse – Au cœur du souvenir »
Editions Erès – La vie de l’enfant – 2014 –
« Au croisement des modèles théoriques, cet ouvrage propose une étude sur la mémoire, son fonctionnement et ses troubles, dans une double lecture, celle de la psychanalyse et celle des neurosciences avec le maillon intermédiaire de la psychologie développementale précoce. Sans amalgame ni clivage, l’auteur fait apparaître des correspondances entre concepts relevant d’épistémologies différentes, entre fonctionnement cérébral et fonctionnement psychique. Les neurosciences comme la psychanalyse mettent en perspective la dynamique et les enjeux des processus mnésiques. Des vignettes cliniques autant du côté de l’enfant que du côté de l’adulte illustrent, dans le sillage de Winnicott, la continuité dans le développement du sujet. Cet ouvrage est utile à tous les cliniciens engagés dans l’accompagnement et le soin des formes de pathologie qui mêlent les influences neurobiologiques et plus directement psychologiques. Il leur permet d’oser maintenir leur positionnement clinique, tout en évitant de tomber dans le déni du poids de la biologie. » [Résumé d’éditeur]

SquigleOdile Dupoyet-Mettling, psychologue
Préface : Anne Savi – Postface : Jean-Marc Talpin
« Squiggle – Chronique d’un atelier »
Fage Editions – 2014 :
« La question existentielle de l’habiter, du construire et du se construire, soulevée en partie par Heidegger, nous interpelle doublement en tant qu’humain et soignant. Comment amener des personnes en mal de différenciation à émerger comme sujets dans un espace où ce qui serait de l’un serait aussi de l’autre non pas confusément mais inter-subjectivement ? Un tel espace, hormis le cadre et le dispositif, n’a pas d’existence objective. Il n’existe réellement que par et pour les sujets qui le construisent et c’est parce qu’ils l’investissent qu’ils peuvent l’habiter et se sentir habités par lui en retour. Qu’en est-il dès lors du se construire ? La question, éminemment problématique, reste cependant ouverte. C’est dans cet ouvert que prend forme l’atelier Squiggle conçu par Odile Dupoyet-Mettling et œuvré avec deux patients en mal de lieu où habiter. » [Résumé d’éditeur]

•27 octobre 2014 • Laisser un commentaire

Logo_Atalante_2014DE LA LANGUE DITE « MATERNELLE »
A LA LANGUE DU PAYS D’ACCUEIL

Conférence-Débat organisée par l’association Atalante 
Jeudi 20 novembre 2014 à 20h30

Intervenant : Louisa MOUSSAOUI
enseignante en lettres et langage, interprète

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Centre Hospitalier – Salle du Château
Rue Jean-Baptiste Perret
69450 Saint-Cyr-au-Mont-d’Or
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 » Les enfants de la double origine échouent à parler la langue d’accueil parce que la précédente, la langue dite maternelle résiste à se donner, à se laisser parler ». Daniel Sibony

Chacun s’approprie la langue de manière singulière en fonction de ses appartenances tant familiales que sociales. La langue incarne une expérience de vie et détermine la façon dont nous percevons le monde. Elle est liée à notre sentiment d’identité. Un espace s’ouvre pour de nombreux sujets entre deux mondes, entre deux imaginaires, entre deux langues, dans le tissage ou dans la déchirure.

Le souhait de tous est de parvenir, une fois la langue maternelle déshumiliée (de part et d’autre), à une ouverture aux langues, à ce dialogue interne qui permettra d’acquérir n’importe quelle langue sans encourir le risque de perdre la sienne.

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Participation : 10€ – (5€ pour les adhérents et les étudiants)
Plus d’informations : Association Atalante – Tél 04 72 42 19 42 – atalante.psy@laposte.net
Inscription : Bulletin_conférence_Atalante
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Les textes des conférences précédentes sont disponibles en fascicules :

  • N° 1 – A propos de Bettelheim : De crin blanc au cadre noir. L’équitation thérapeutique – 1990
  • N° 2 – Relations précoces et troubles des apprentissages, par Dominique Ginet, Maurice Berger, Renée Laetitia Richaud – 1991
  • N° 3 – La mère et la femme dans la théorie freudienne par Henri Vermorel – 1992
  • N° 4 – L’enfant autiste entre post-kleiniens et organicistes : réflexions psychanalytiques par Denys Ribas – 1993
  • N° 6 – Comment rêvent les enfants ? Par Simone Daymas et Marie Joseph Challamel – 1993
  • N° 7 – Quelle place pour le père ? Par Bruno Mounier – 1994
  • N° 9 – L’adolescent en détresse et l’ultime recours à la secte, par Bernard Chouvier – 1995
  • N° 10 – Considérations ethnopsychologiques sur les représentations culturelles qui soutiennent le face à face parents-enfants, par Jocelyne Huguet Manoukian – 1995
  • N° 11 – Le  soin psychique entre demande des familles et exigences démocratiques, Jean Ménéchal – 1997
  • N° 12 – Le bébé est-il fragile ? Martine Lamour – 1999
  • N° 13 – Adolescences en souffrance, Francis Maqueda – 2001 + Les actes du colloque « La réalité est une fiction) – 2002
  • N° 14 – L’art, l’adolescent et son thérapeute, Renée Laetitia Richaud – 2005
  • N° 15 – La thérapie familiale psychianalytique et ses développements dans le champ institutionnel, Christiane Joubert – 2007.
  • N° 16 – Médication picturale et psychose infantile, Anne Brun – 2010.
  • N° 17 – Humour, folies et rêves : l’art d’arranger le monde, Jean Jacques Ritz -2011.

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Congrès, colloques, journées d’études ?
Retrouvez l’agenda des manifestations en Rhône-Alpes : ici
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Les neurosciences à l’honneur

•6 octobre 2014 • Laisser un commentaire

Nobel médecine 2014Le Nobel de médecine vient récompenser des recherches sur le cerveau

« Le prix Nobel de médecine a été attribué, lundi 6 octobre, pour une moitié à l’Anglo-Américain John O’Keefe, et pour l’autre à un couple de Norvégiens May-Britt Moser et Edvard I Moser. Ils sont récompensés pour leurs travaux qui ont permis de découvrir un système cérébral de « GPS interne », permettant de s’orienter dans l’espace, aussi complexe soit cet environnement ».

Extrait de l’article du Monde du 06/10/2014 : Le Nobel de médecine récompense la découverte d’un « GPS cérébral »

Ceci me donne l’occasion de rappeler une journée organisée par le SESSAD S’Calade avec la participation du CRA et de l’association Autisme Rhône le 21/11/2014 à Cibeins (à proximité de Villefranche sur Saône). Elle porte sur la question du mouvement dans l’autisme.

« Deux temps, trois mouvements » tel en est l’intitulé.

… un thème qui n’est pas sans un certain rapport avec l’objet des recherches des lauréats du Nobel

Un indien dans l’asile

•13 juin 2014 • Laisser un commentaire

Jimmy PDans un souci de visibilité, je reprends ici sous forme de billet ce que j’avais écrit au mois de septembre dernier sous forme de commentaire simple à l’article « Sortie en Salle le 11 septembre 2013 », ceci suite à la Journée théorico-clinique du Pôle 69I06 qui s’est déroulée le 12/06/2014 sur le thème « Le corps en jeu » et afin de prolonger des débats qui ont pu s’y amorcer.

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« Un indien dans l’asile »,tel aurait pu être le titre de ce film. Le succès commercial en eut été garanti… La qualité du film en lui-même, le jeu des acteurs suffiraient à le recommander vivement, mais il est évident que le thème abordé ne saurait laisser indifférent tout soignant intervenant dans le domaine de la psy.
Il n’est jamais inutile de revenir sur l’histoire de notre discipline et des grands noms qui ont pu la marquer, en l’occurrence, Georges DEVEREUX. Avec cette « psychothérapie d’un indien des plaines », nous nous replongeons sur une période marquée par l’essor de la psychanalyse, au décours de la seconde guerre mondiale, une extension qui la conduit à se confronter à des disciplines connexes telles que l’anthropologie ; l’avènement de l’ethnopsychanalyse et de l’ethnopsychiatrie découlera de cette rencontre. Alors que la psychanalyse se voit tant décriée de nos jours, cela peut apporter un certain réconfort et relativiser la portée de critiques qui lui sont adressées (non que certaines puissent apparaître justifiées toutefois).
Le sentiment d’étrangeté lié tout autant à l’origine du patient qu’au style particulier du thérapeute se conjugue cependant à un sentiment de rassurante familiarité. Certes le cadre des séances est pour le moins chamboulé – point de divan et des interventions de l’analyste s’écartant nettement de la conduite habituelle de la cure – mais nous retrouvons tous les ingrédients qui ont participé à l’édification de la théorie psychanalytique et pour ne citer que quelques exemples, la place de l’interprétation des rêves, la règle des associations libres, les références à la théorie de la séduction ou à la scène primitive, la notion de trauma, le rôle du transfert… et du contre-transfert, car c’est bien la rencontre singulière entre deux sujets qui constitue le moteur de la cure, une rencontre d’autant plus surprenante que ces sujets ne partagent pas la même culture. Écoute attentive et bienveillante, acceptation de l’autre et de sa différence radicale…
S’y retrouve également en bonne place le complexe d’Œdipe dont on connaît le rôle essentiel dans la théorie freudienne. Si la fin de la cure est marquée par la réduction significative des symptômes dont souffre Jimmy P. et l’accession à une meilleure connaissance de lui-même, nul doute que c’est sa capacité à enfin assumer son rôle de père auprès de sa fille qui constitue le point d’aboutissement de son parcours avec son thérapeute, comme nous le suggèrent les dernières images du film.

En contrepoint de mes remarques précédentes, peut être abordé un questionnement omniprésent dans le film et qui reste d’une brûlante actualité. Le service accueillant Jimmy P. est avant tout spécialisé dans les maladies du cerveau et le premier souci des médecins qui se penchent à son chevet est de rechercher une origine organique aux troubles présentés, compte tenu de ses antécédents de traumatisme crânien.
Ce n’est que devant la négativité des examens réalisés que l’hypothèse d’un trouble psychique est retenue, la nature des symptômes pouvant faire penser à une schizophrénie, diagnostic récusé par Georges DEVEREUX.
Ce dernier a incontestablement une position très singulière par rapport à l’équipe médicale de l’hôpital et il est d’autant plus remarquable que c’est lui qui insiste pour que soit pratiqué un dernier examen afin de s’assurer de l’absence de lésion cérébrale chez le patient, et ce alors que sa psychothérapie est sur le point de se terminer et qu’elle semble avoir permis une résolution des symptômes les plus invalidants.
Certaines questions sur le diagnostic ne peuvent être écartées si l’on veut bien considérer que les moyens d’investigation médicale de l’époque étaient bien moins développés qu’actuellement et que les connaissances scientifiques ont largement progressé depuis.
Il n’est pas certain que les examens para cliniques actuels n’aient pas permis de déceler des lésions invisibles ou des troubles paroxystiques insoupçonnables avec les moyens d’alors : une IRM fonctionnelle ou des méthodes plus sophistiquées d’enregistrement EEG auraient peut-être pu se révéler positives.
En l’absence de lésion anatomique objectivable, l’existence d’un trouble fonctionnel ne peut davantage être exclue … Les maux de tête accompagnés de troubles visuels (baisse de l’acuité visuelle, phosphènes) et autres désordres neurologiques survenant sur un mode paroxystique peuvent se rencontrer dans certaines formes de migraine ou d’épilepsie partielle dont l’identification peut se révéler mal aisée. Il est encore possible que des traitements médicamenteux dont nous disposons à l’heure actuelle aient pu apporter un certain soulagement au patient.
Il pourrait certainement être instructif de recueillir l’avis d’un neurologue d’aujourd’hui à propos du cas de Jimmy P.
Que conclure sinon que les relations entre psyché et soma sont complexes et que nous ne pouvons nous contenter d’une opposition radicale entre causalité psychique et origine organique ; l’une n’exclut pas l’autre et la persistance d’un doute sur le diagnostic ne vient pas invalider l’approche psychothérapique : d’une part, celle-ci se révèle efficace et d’autre part son efficacité ne peut se réduire à la disparition des symptômes… Dans l’analyse, « la guérison survient de surcroît » a-t-on coutume de rappeler.

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French Paradox

•30 mai 2014 • Laisser un commentaire

En écho à mon précédent billet « Bon Dieu de bon Dieu », je vous propose d’écouter l’édito politique de Thomas LEGRAND du 30/05/2014 sur France Inter.

Et vous qu’est-ce que vous en pensez ?